Menée par Naomi Osaka en finale de l’US Open, Serena Williams est sortie de son match après une altercation avec l’arbitre. Récit d’un match qui a viré au cauchemar pour l’Américaine (défaite 6-2, 6-4).

Avec Lequipe-La finale de l’US Open remportée par Naomi Osaka a atteint quelques sommets en matière de jeu mais aussi pris une tournure dramatique quand Serena Williams a perdu ses nerfs face à l’arbitre du match, le Portugais Carlos Ramos. L’image de l’Américaine en furie, puis en larmes, criant à l’injustice et traitant l’homme de chaise de «menteur» et de «voleur» restera comme une – la ? – scène forte de la quinzaine new yorkaise.

Le «drame» prend sa source dans l’avertissement infligé à la cadette des soeurs Williams par l’arbitre pour coaching, alors que la Japonaise mène 1-0 dans le deuxième set. En cause, un geste des mains de son entraîneur Patrick Mouratoglou, installé dans le box de l’Américaine. Protestation véhémente de la joueuse : «On n’a pas de code ! Je ne triche pas pour gagner ! Je préfère perdre !» Le coach français reconnaîtra après la rencontre qu’il lui a bien fait signe de jouer plus au centre, tout en assurant que la joueuse ne l’avait pas vu – et n’avait, donc, pas compris sa sanction.

«Vous me devez des excuses !»

L’Américaine réussit à reprendre son sang-froid pour quelques minutes. Le temps de breaker, de se faire débreaker (en commettant deux doubles fautes dans le même jeu) et de fracasser sa raquette. L’arbitre lui donne alors un second avertissement qui entraîne un point de pénalité (3-2, 0-15). De quoi la faire sortir de nouveau de ses gonds et de se diriger vers l’arbitre : «Vous me devez des excuses ! Je n’ai jamais triché, j’essaye de donner le bon exemple à ma fille. Je n’ai jamais triché.» 

A partir de ce moment-là, l’Américaine ne décolère plus. Bloquée sur ce point de pénalité, elle s’en prend plusieurs fois à l’arbitre et finit par lui dire qu’il est un «voleur» et un «menteur»«Vous ne m’arbitrez plus jamais», prévient-elle. Imperturbable, Carlos Ramos ne réplique pas verbalement mais finit par donner un jeu de pénalité en faveur d’Osaka, suivant le règlement à la lettre. De 4-3, la Japonaise passe à 5-3. Les deux joueuses ne comprennent pas tout de suite que le score vient de changer. Quand elle saisit l’information, Serena Williams perd ses nerfs.

Elle en appelle au juge-arbitre et répète «ce n’est pas juste». «Beaucoup de joueurs en disent autant que moi, argumente-t-elle, et ils ne sont pas pénalisés. Parce que je suis une femme, vous me pénalisez.» Pas de quoi inverser la décision de l’arbitre. Deux jeux plus tard, l’Américaine s’incline face à la Japonaise, dominatrice dans le jeu une bonne partie du match. Sur le podium, Serena Williams refuse de revenir sur l’événement : «Je ne veux pas être malpolie et lui gâcher son moment…» Mais les larmes qu’elle a versées au dernier changement de côté ont montré à quel point elle était touchée.